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Παρασκευή 14 Οκτωβρίου 2011


Israël et le travail de France 2 : pourquoi tant de haine ?

Alerté par une partie de la communauté juive, Prasquier, président du Crif, se dit « écœuré » par un reportage de la chaîne sur le conflit au Proche-Orient.


Richard Prasquier au dîner annuel du Crif, le 10 février 2011 (Eric Feferberg/Reuters)
Ce soir-là, il écrivait dans sa bulle. Il a commencé à recevoir un SMS, puis deux, puis trois. Tous disaient une chose : nous sommes horrifiés par le reportage pro-palestinien qui est diffusé en ce moment sur France 2.
Au bout d'un moment, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dû se résigner à quitter son bureau.
Richard Prasquier a allumé la télévision et n'a vu que la fin du programme « Un œil sur la planète ». Mais ces quelques minutes ont suffi pour le bouleverser.
Le président du Crif a écrit une note de blog, puis une lettre ouverte au président de France Télévisions – après avoir vu l'intégralité de l'émission. Un rendez-vous a été pris avec Rémy Pflimlin, le PDG de France Télévisions le 2 novembre. L'ambassadeur d'Israël rencontrera la direction fin octobre. « Nous avons pris des rendez-vous séparés, je ne suis pas aux ordres », dit Prasquier.
Et, il fallait s'y attendre, l'ambassadeur palestinien a, à son tour, demandé à être reçu. Il le sera la semaine prochaine.

« Le reportage a choqué les plus modérés »

Depuis le lundi 3 octobre, soir de la diffusion du programme, une partie de la communauté juive se dit « émue » voir « écœurée ». Un groupe Facebook« Boycott France Télévisions » compte plus de 2 300 membres.
Marine Krief, 21 ans, très active sur le groupe, vit depuis trois ans en Israël. Elle a entendu parler de l'émission, le mardi, en arrivant au boulot. Pour elle, c'est « erreur sur erreur », « une émission de propagande ».
Parmi les plus critiques, quelques-uns sont connus pour leurs positions radicales, comme Philippe Karsenty qui a écrit un texte menaçant. Jonathan Simon-Sellem a réalisé une émission parodique sur son site JSSNews, et hébergée sur le site de l'ambassade d'Israël.
Quelques autres ont perdu la tête et ont envoyé des e-mails d'insultes et de menaces (sur l'intégrité physique) au journaliste-présentateur Etienne Leenhardt. Le médiateur de la République a reçu des centaines d'e-mails d'indignation. Thierry Thuillier, directeur de l'information de France Télévisions, qui soutient la rédaction, dit :
« Je condamne les insultes et les calomnies. Des limites ont été dépassées. »
Mais il y a aussi des messages d'encouragement et le collectif Une autre voix juive a tenu à soutenir les journalistes de France 2, en dénonçant des « interventions inadmissibles qui menacent le droit d'expression ». En prenant position, le Crif, représentant de la communauté juive française, ne va-t-il pas au-delà de ses attributions ? Richard Prasquier répond :
« Non, en deçà. Le reportage a choqué même les plus modérés comme ceux de la synagogue de la rue Copernic. Jamais une émission n'a généré autant de réactions émues, depuis mon arrivée à la présidence du Crif. »

« Il faut déclencher une campagne pour salir »

Chacun se fera son idée. Avant de travailler sur le sujet, j'ai regardé le reportage et rien ne m'a choqué. Richard Prasquier n'est pas surpris du tout : il pense que je suis comme « la plupart des journalistes français », dans une « narration hostile à la politique du gouvernement israélien ».
J'ai trouvé que les journalistes de France 2 n'avaient pas épargné les Palestiniens, qu'ils avaient bien réussi à montrer comment le Hamas – qui espionne et a « des yeux partout » – et les groupes salafistes entretiennent un climat de violence.
La dernière partie du reportage sur la puissance du lobby pro-israélien aux Etats-Unis m'a étonnée. Un ancien de l'Aipac [organisation lobbyiste américaine] dit qu'il y a des listes de journalistes défavorables à Israël. L'ancien président Jimmy Carter assure qu'il a du mal à aller donner des conférences sur les campus américains depuis la sortie de son livre « La Palestine : la paix, pas l'apartheid ».
Exagéré ? Patrick Boitet, rédacteur en chef de l'émission « Un œil sur la planète » :
« Mais tout est dit face caméra ! Ils le disent spontanément. Ce n'est pas nous qui le disons. »
Lui s'explique l'émotion suscitée par le fait que des « choses connues », comme « le mur » ou le fait que des paysans palestiniens soient privés d'eau dans la vallée du Jourdain, sont « montrées » :
« Il n'y a aucun scoop. Mais il faut déclencher une campagne pour salir. Pour que cela décourage pour la prochaine fois, pour que les journalistes renoncent à traiter le sujet. Ce n'est pas la première fois que cela arrive. »
Charles Enderlin, journaliste qui a commenté les images du sujet surMohammed Al-Dura (enfant mort sous des balles attribuées à l'armée israélienne dans le reportage), a aussi subi des pressions. Le journaliste - qui apparaît d'ailleurs dans un reportage de l'émission, soutient les journalistes de France 2 sur son blog. Le syndicat SNJ de France Télévisions a lancé une pétition « Défendons la liberté de l'information ».

Y a-t-il des erreurs factuelles ?

Je demande donc à Richard Prasquier quel est le problème. Le président du Crif qui a peur de se faire traiter de fasciste par Rue89, tient à préciser, en préambule, qu'il est pour l'existence d'un Etat palestinien « quand les Palestiniens reconnaîtront Israël comme l'Etat du peuple juif ». Ce n'est pas lui qui envoie des insultes aux journalistes, dit-il.
Y a-t-il des erreurs factuelles dans ces reportages ? « Nous sommes en train de regarder les faits », dit-il. Ce qu'il reproche au magazine, c'est d'avoir été écrit à l'avance et de ne pas respecter la « pluralité des opinions ».
Le conflit israélo-palestinien peut être racontée de deux façons et ils ont choisi l'autre. Richard Prasquier brandit la bibliographie annotée qui a été utilisée pour le programme. Il la juge partiale. Les faits peuvent être vrais, dit-il, mais c'est dans les articulations, dans les suggestions, qu'il y a de la « propagande stalinienne ». Exemples qu'il a en tête :
  • il est dit dans le reportage (à 2'46) que Hamas agit « par réaction » aux attaques israéliennes ;
  • un journaliste dit que les responsabilités sont « partagées » sur le fait que les frontières ne sont pas restées comme en 1947 (dans l'introduction) ;
  • un professeur d'Harvard suggère que c'est parce que les Etat-Unis ont soutenu Israël qu'il y a eu le 11 Septembre (« Cela sous-entend que les Israëliens sont responsables du 11 Septembre », dit Prasquier).
Mais dans le premier cas, c'est un homme, présenté comme l'un des « cadres les plus radicaux du Hamas » qui parle. Dans le dernier, un téléspectateur non antisémite ne ferait jamais ce raccourci...

« Quand j'ai vu ces images, j'ai pleuré »

Le président du Crif parle aussi d'un moment de l'émission où il est suggéré que les soldats israéliens prennent du plaisir à tirer sur des enfants palestiniens.
EXTRAIT DU PROGRAMME « UN OEIL SUR LA PLANÈTE : UN ETAT PALESTINIEN EST-IL POSSIBLE ? »
Tout d'un coup, l'affaire Mohammed Al-Dura est à nouveau là, au milieu de la table, à côté du thé au citron de Prasquier. Cette suggestion est insupportable, parce qu'elle vous rappelle la mort de Mohammed Al-Dura ?
Ses yeux se mouillent. Richard Prasquier est sensible comme une corde de violon tendue. Quand il parle, il plie sa serviette en accordéon, de façon ultra-nerveuse. Pli, pli, pli. Dépli. Pli.
« Bien sûr que ça tourne, que ça remonte. Quand j'ai vu ces images [celles de la mort de l'enfant, ndlr], j'ai pleuré. Je me suis dit que ce n'était pas possible, que ce n'était pas l'Etat que je défendais et que j'aimais. »
Silence.
« Après, j'ai regardé le dossier et j'ai compris que cela n'était pas tout à fait ça qu'il s'était passé. »

« Est-ce qu'ils parlent de la famille Fogiel ? »

Richard Prasquier a témoigné au procès de Jamal Al-Dura (père de Mohammed), en sa défaveur. Il ne va pas reparler du dossier, ce n'est pas le sujet aujourd'hui : « Ce n'est pas une occasion de régler des comptes. » Mais on a compris quelque chose : Richard Prasquier n'arrive à concevoir l'horreur (tuer pour le plaisir) que d'un seul côté. Il dit :
« Et dans les reportages, est-ce qu'ils évoquent l'assassinat de la famille Fogiel, avec un enfant de 3 mois ? C'était il y a six mois. Et ça ne remue pas les tripes ça ? »
Le président du Crif, alerté à la moindre agression antisémite, la moindre blague discutable (comme celle, récemment, des Guignols de l'info), a eu peur que l'émission « Un œil sur la planète » entraîne de la violence dans les quartiers : « Heureusement, là, ils ne s'est rien passé. » L'antisionisme est pour lui une nouvelle forme d'antisémitisme.
Et l'antisémitisme a marqué sa vie. Polonais d'origine juive, il a perdu presque toute sa famille en Pologne dans les camps de concentration (pas ses parents). Sa fille est partie vivre en Israël à ses 18 ans et a épousé un Israélien. Elle lui a dit plus tard que c'était, en partie, en raison de l'antisémitisme en France.
Lui n'en a été victime qu'une fois. C'était en 1961. Il est en classe de première. Son voisin de derrière, membre de l'OAS, se met à chanter un chant antisémite. Prasquier se lève et le gifle. 36 ans plus tard, il reçoit une lettre. Dans cette lettre, un homme lui demande s'il est bien le Richard Prasquier de 1961. Il s'excuse. « J'ai pleuré » dit Richard Prasquier.

« Je ne suis pas un censeur »

Son émotion, la montrera-t-il dans le bureau de Rémy Pflimlin ?
« Je ne veux pas imposer mon point de vue. Je vais juste lui dire ce que je vous ai dit, qu'il faut de la pluralité et un équilibre de l'information.
Je n'ai pas vocation à interférer dans la gouvernance de France Télévisions. Je ne suis pas un censeur, je tire juste la sonnette d'alarme. »
En disant cela, il fait et refait le geste de tirer sur une sonnette imaginaire.

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François Hollande s’adresse aux Français de l’étranger

Posté le 14 octobre 2011
Françaises, Français,
Chers compatriotes vivant hors de France,
Lors du premier tour des Primaires Citoyennes, plus de 2,6 millions de Français se sont mobilisés pour donner un nom au changement que nous appelons de nos vœux en 2012 pour notre pays et pour l’Europe.
A l’étranger, ce sont près de 7000 Français qui se sont rendus dans les bureaux de vote tenus par les militants socialistes et radicaux ou qui ont voté par correspondance
Le résultat du 9 octobre me place clairement en tête de cette consultation. Je vous en remercie. Il me donne une responsabilité particulière face aux attentes des Français et au rejet du bilan de Nicolas Sarkozy. Les 15 et 16 octobre, le second tour sera décisif pour renforcer la mobilisation de ceux qui souhaitent changer la France, réunir toutes ses forces et ses générations pour construire une société fidèle à nos valeurs, capable d’aborder l’avenir avec confiance.
Jean-Michel Baylet, Manuel Valls et Ségolène Royal m’ont rejoint et ont clairement appelé à voter pour moi. Aujourd’hui, Arnaud Montebourg a indiqué qu’il voterait pour moi à titre personnel. Quatre des candidats du premier tour de la Primaire se retrouvent dans ce large rassemblement que j’incarne. Dès lundi, je m’engage à ouvrir ce rassemblement à toutes les forces de gauche pour que nous gagnions en mai 2012.
Nous ne réussirons que si nous parvenons à redonner toutes ses chances à la jeunesse. C’est d’elle d’abord que notre pays tirera son énergie et son optimisme. En France comme à l’étranger, cela requiert de concentrer l’effort sur l’éducation, la formation à tous les âges de la vie. Education qui permet l’intégration, l’innovation, l’émancipation. A l’étranger, la capacité d’accès à un enseignement français est essentielle. Ce sera l’une de mes priorités en tant que Président de la République.
Vivant à l’étranger, vous savez bien que  notre pays n’a pas à avoir peur de l’ouverture au monde. Mais il doit savoir prendre et assumer toutes les responsabilités que lui confère son appartenance à l’Union européenne en défendant résolument ses intérêts et ses valeurs en son sein. L’Union est une communauté de destins, destins que la droite au pouvoir en Europe refuse de défendre contre toutes les concurrences déloyales qui menacent nos pays, leurs économies et nos emplois. ,
Parce que l’alternance politique en France est plus que jamais une urgence, je vous invite les 15 et 16 octobre prochains à participer à la dynamique que le premier tour des Primaires citoyennes a initié pour construire une France nouvelle, qui respecte tous ses enfants, reconstruit la solidarité et fait revivre nos valeurs républicaines.
Dans cette consultation comme dans toute la campagne à venir, l’apport des Français à l’étranger sera précieux.
Pour donner toute sa force au candidat de la gauche issu de ces Primaires citoyennes, il convient de confirmer la mobilisation du premier tour. Cette force est primordiale pour aborder dans les meilleures conditions les échéances de 2012.
L’effort que font les militants pour tenir les bureaux de vote, celui des électeurs qui se déplacent parfois de loin à l’étranger pour voter, sont un aperçu de l’histoire collective que nous écrirons ensemble dès le 17 octobre.
Dimanche, par votre vote, vous me donnerez la force nécessaire pour faire gagner la gauche en 2012. Avec vous, je serai le Président de la victoire.

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Primaire PS: Hollande remercie Montebourg

Par LEXPRESS.fr, publié le 14/10/2011 à 10:12, mis à jour à 13:02
Primaire PS: Hollande remercie Montebourg
François Hollande, candidate for the Socialist party's (PS) primary vote for France's 2012 presidential election, leaves the polling booth before voting on October 9, 2011 in Tulle, central France. The Socialists are hoping that hundreds of thousands of people will head to the voting centres specially set up for the primary vote held in two rounds today and October 16.
AFP PHOTO / Jean-Pierre Muller

Dans une interview accordée au Monde, le candidat arrivé troisième de la primaire socialiste annonce qu'il votera "à titre exclusivement personnel" pour le député de Corrèze. 

"Je remercie Arnaud Montebourg pour la décision personnelle qu'il a prise de soutenir ma candidature le 16 octobre pour le deuxième tour" de la primaire, "ce choix conforte la démarche de rassemblement que je porte et qui me permettra de faire gagner la gauche en 2012", a indiqué à l'AFP un François Hollande, après le soutien à "à titre exclusivement personnel" que lui a apporté le député de Saône-et-Loire.  
"J'ai veillé à comprendre les messages qu'avaient envoyés les électeurs qui s'étaient portés sur Arnaud Montebourg et à repondre à la lettre qu'il m'avait adressée", a-t-il fait valoir, se disant "reconnaissant de cette méthode dans la transparence et le respect tout en gardant la ligne de cohérence qui est la (s)ienne". 
C'est dans une interview accordée au quotidien Le Monde que le candidat arrivé troisième au premier tour de la primaire se résout au vote utile. 
"Les propositions des deux candidats étant pour moi équivalentes, je ne peux me déterminer en fonction de ma seule éthique de conviction. C'est pourquoi mon choix relèvera avant tout de l'éthique de responsabilité: je veux faire gagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy, explique-t-il. A titre exclusivement personnel, je voterai donc pour François Hollande, arrivé en tête du premier tour, à mes yeux meilleur rassembleur. Il a su dans sa lettre jeter un pont entre nos deux rives, et je lui en sais gré." 
Mon travail aura été celui d'un éclaireur 
Montebourg considère avoir été en partie entendu dansles réponses que lui ont faites Martine Aubry et François Hollande. "Tous deux ont réalisé une forme de dépassement d'eux-mêmes. Ils ont avancé vers la mise sous contrôle des banques et la lutte contre la concurrence déloyale mondiale. Tous deux ont repris des morceaux de VIe République, même en pièces détachées... Mon travail, dans cet entre-deux-tours, aura été celui d'un éclaireur",  
"Ces deux candidatures sont identiques"
Comme nous l'avait indiqué un dirigeant socialiste au lendemain du premier tour, le député de Saône-et-Loire renvoie dos à dos les deux finalistes mais se rallie à celui arrivé en tête au nom de l'unité du PS. S'il continue de penser que "ces deux candidatures sont identiques", Arnaud Montebourg estime que "mieux vaut éviter la fragmentation, donner de la force à celui qui est arrivé en tête et soutenir le meilleur rassembleur plutôt que de rester sur mon Aventin. Le résultat de la primaire ne doit pas donner le signal de l'impossibilité de rassemblement". 
Reste que ce choix de voter Hollande risque de mal passer auprès de ses troupes sur le terrain. Ces derniers jours, des tensions sont apparues au sein de l'équipe de campagne. "Chacun de mes amis fera son choix en conscience, et je le respecterai. Je n'ai pas d'argument qui me permette de penser que Martine serait plus à gauche que François, ou l'inverse d'ailleurs! Leur choix doit être libre", tempère-t-il.